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Mind your co-pilot

Mind your co-pilot 580 427 digiVolution

Chers Lectrices et Lecteurs,

Nous avons le plaisir de vous adresser notre 102Ăšme dV-News (11-2024) et leur sĂ©lection d’articles et liens.

«Mind the gap between the train and the platform» est une phrase bien connue des familiers du mĂ©tro londonien. «Mind your co-pilot» est la mise en garde que tous devraient dĂ©sormais maĂźtriser par rapport Ă  notre infrastructure IT. Un avertissement nĂ© d’un incident vĂ©cu. Certains diront « on le savait» alors que d’autres se moqueront. AprĂšs on est toujours plus intelligent, c’est bien connu. ExpĂ©rimenter personnellement un tel incident prend cependant une tout autre dimension. Croyez-nous !

Le 29 mai dernier, de retour d’un rendez-vous, une Ă©quipe de digiVolution fut dĂ©passĂ©e sur l’autoroute par un automobiliste disons
 indĂ©licat. Dans notre vĂ©hicule, la rĂ©action du conducteur (romand) fut une sĂ©rie de qualificatifs fleuris dont l’élĂ©gance n’était pas le souci premier. Notre voiture dit alors «que puis-je faire pour vous?». La rĂ©ponse Ă  fusĂ© «toi, je ne t’ai rien demandé». Et la voiture de rĂ©pondre, «trĂšs bien, je me tais».

AprĂšs un fou rire gĂ©nĂ©ralisĂ©, nous avons pris la mesure de l’incident et sommes passĂ©s rapidement en mode «pas content du tout». Bien sĂ»r que nous savions, notamment grĂące aux travaux de la fondation Mozilla, que la voiture n’est plus un lieu privĂ©. Mais tout de mĂȘme. Les geeks nous diront «il suffit de dĂ©sactiver la fonction». Admettons, aprĂšs de fastidieuses recherches (car la solution n’est pas en page 1 du manuel), que l’on trouve l’option magique
 quelle garantie a-t-on que le petit bouton va vraiment dĂ©sactiver la fonction? Aucune! Souvenons-vous de la tempĂȘte Irma en Floride, lorsque Tesla a pu Ă  distance augmenter l’autonomie des voitures pour que leurs propriĂ©taires puissent fuir plus loin. Louable de la part de Tesla,  MAIS
! Cela signifiait pour la plupart qu’à leur insu il y avait quelqu’un sur le siĂšge passager. Nos vĂ©hicules ne sont dĂ©sormais plus que des ordinateurs roulants. Et cela a des consĂ©quences.

Avec son service recall qui prendrait une image de notre Ă©cran chaque 5 secondes et permettrait ainsi Ă  ceux qui se seraient Ă©garĂ©s dans leurs activitĂ©s de reconstituer leur parcours durant les 3 mois prĂ©cĂ©dents, Microsoft a Ă©tĂ© contrainte au rĂ©tropĂ©dalage par une levĂ©e de boucliers. Le systĂšme n’est alors plus activĂ© par dĂ©faut. Mais encore une fois, quelle garantie a l’utilisateur que le service est bel et bien inopĂ©rant? Un autre de ces Ɠufs de PĂąques ou fonctions cachĂ©es qui ne servent Ă  rien. Sinon Ă  crĂ©er des vulnĂ©rabilitĂ©s supplĂ©mentaires?

À l’évidence, l’espace privĂ© se rĂ©duit de maniĂšre dramatique. En tant qu’utilisateurs, nous sommes des spectateurs impuissants. Les plus documentĂ©s, malins ou paranoĂŻaques tenteront de prendre des mesures de protection, mais du fait de l’ubiquitĂ© des TIC, qu’elle est leur rĂ©elle chance de garder le contrĂŽle sur leur donnĂ©es? Londres: 80 camĂ©ras au km2. Et chez nous?

«Move fast and break things» disait en 2014 Mark Zuckerberg. Les géants de la tech nous ont complÚtement largués. Certes, ils nous offrent des services fascinants, mais à quel prix? Celui de notre liberté.

Alors reposons la question 100 fois adressĂ©e dans nos billets: voulons-nous nous donner les moyens de maĂźtriser nos donnĂ©es? Si oui, il va falloir une dĂ©cision Ă  haut niveau et des moyens. L’enjeu en vaut-il la chandelle? Est-ce rattrapable? Ce sont les premiĂšres rĂ©ponses Ă  apporter en tant que sociĂ©tĂ©.

Et si mon IA estime que je suis en train d’écrire ou de consulter des choses qui pourraient ĂȘtre de nature pĂ©nale, va-t-elle me dĂ©noncer? Et si j’écris des billets critiques Ă  son Ă©gard, va-t-elle refuser de me servir ou dire Ă  ma voiture de m’envoyer dans un arbre? Souvenons-nous de «2001: odyssĂ©e de l’espace».

 


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BOOKS & REPORTS

Voici la liste des livres et publications d’intĂ©rĂȘt dĂ©cou-verts lors de nos recherches durant les derniĂšres semaines. Vous les retrouverez sur dVPedia Ă  la rubrique dVLibrary.

ACTUALITES

â–ș Stalking – Ce dĂ©lit sera enfin inscrit au code pĂ©nal. Le stalking, c’est cette pratique de harcĂšlement obsessionnel qui a poussĂ© Morane Ă  s’enlever la vie. Merci au Parlement d’avoir enfin pris cette dĂ©cision
 sauf qu’il aura fallu attendre 17 ans pour y arriver, la premiĂšre motion datant de 2007. Et malgrĂ© les Ă©vidences, certains parlementaires estiment encore qu’il s’agit d’un phĂ©nomĂšne nĂ©gligeable? Deux Ă©vidences supplĂ©mentaires que la dĂ©mocratie est dĂ©passĂ©e par la mutation numĂ©rique. Ou coupablement paresseuse? Alors, comment protĂ©ger nos enfants? La France s’essaie Ă  une approche avec un rapport intitulĂ© «Enfants et Ă©crans: À la recherche du Temps perdu». Ce texte oscille entre interdiction totale des Ă©crans et nĂ©cessitĂ© de mieux former au numĂ©rique et suscite des rĂ©actions contrastĂ©es. Le remĂšde portera-t-il ses fruits?

â–ș Peur de la tech? – Ce sentiment nous accompagnera encore longtemps. Savoir si l’IA est un bienfait pour l’humanitĂ© ou son dernier requiem agitera encore longtemps les discussions de salons. Mais Ă©coutons aussi les professionnels du secteur. Faisons abstraction des Musk, Altman ou Zuckerberg qui le font Ă  des fins de tactique politique et de motifs financiers et Ă©coutons ceux qui dĂ©veloppent ces technologies. Eux aussi ont des craintes lĂ©gitimes, mais leur problĂšme est de ne pas pouvoir librement les exprimer sans risquer de perdre leur emploi. Qui pour les Ă©couter alors que les États ne cessent de dĂ©montrer qu’ils ne disposent pas des compĂ©tences requises pour comprendre les enjeux et que manifestement il est hasardeux de laisser l’industrie faire ce qu’elle veut? Notre sĂ©curitĂ©, notre espace privĂ© semble ĂȘtre le dernier des soucis de ces gens et chez Open AI, Altman a rĂ©cemment congĂ©diĂ© son team de sĂ©curitĂ© pour le remplacer par un autre qu’il conduit personnellement. Le conflit d’intĂ©rĂȘts est choquant. Osons alors une solution qu’un Ă©tat neutre comme la Suisse peut proposer: devenir le High Tech Ombudsman du monde, un endroit oĂč tout lanceur d’alerte sera Ă©coutĂ©, compris et protĂ©gĂ©. Aussi une maniĂšre pour  gagner des talents?

â–ș MĂ©moire de l’humanitĂ© – Voici un thĂšme que nous avons abordĂ© plusieurs fois et qu’un nouvel article vient Ă©clairer sous un autre jour: en Chine, Internet est en train de disparaĂźtre. Un CD-Rom, en plastique, est vivant. AprĂšs quelques annĂ©es il se dĂ©grade, comme les fibres optiques dont la durĂ©e de vie est Ă©galement beaucoup plus courte que ce qui est Ă©crit sur l’emballage. Tout Internet et les TIC sont soumis aux alĂ©as du temps. Alors que domine toujours l’illusion qu’Internet fera pĂ©nĂ©trer la dĂ©mocratie partout et imposera un modĂšle de dĂ©veloppement durable, un nombre croissant d’évidences montre que la situation est moins poĂ©tique et qu’il y rĂšgne les mĂȘmes rĂšgles que partout ailleurs, physiques, politiques, ou encore Ă©conomiques. Nous recommandons vivement cet article sur l’Internet chinois qui devrait inspirer d’utiles rĂ©flexions quant Ă  la pĂ©rennitĂ© du savoir et de la culture au travers des Ăąges.

VoilĂ  pour cette 102Ăšme Ă©dition. Nous espĂ©rons qu’elle vous a, une fois encore, inspirĂ© et vous souhaitons aussi une enrichissante dĂ©couverte des articles et liens sĂ©lectionnĂ©s.


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Cyber-Maginot Line ?

Cyber-Maginot Line ? 626 634 digiVolution

Nous avons le plaisir de vous adresser notre 101Ăšme dV-News (10-2024) et leur sĂ©lection d’articles et liens aprĂšs une pause bienvenue.

Les enseignements de l’histoire de la ligne Maginot

La rĂ©flexion de cette 101Ăšme Ă©dition a Ă©tĂ© inspirĂ©e par la lecture d’un article sur la ligne Maginot. Construite dans les annĂ©es 1930 par la France, cette ligne de fortifications Ă©tait destinĂ©e Ă  protĂ©ger le pays d’une invasion allemande. S’Ă©tendant sur environ 700 km de la frontiĂšre suisse Ă  la frontiĂšre belge, elle comprenait toute une sĂ©rie de forts et d’obstacles destinĂ©s Ă  dissuader tout agresseur et reflĂ©tait les leçons de la PremiĂšre Guerre mondiale.

En 1940, la Wehrmacht a contournĂ© cette ligne de dĂ©fense en envahissant la Belgique et en traversant les Ardennes, une rĂ©gion que les stratĂšges français considĂ©raient comme impraticable pour les blindĂ©s. Alors que la France pensait possĂ©der la meilleure armĂ©e, elle capitula en 6 semaines. La ligne Maginot, symbole d’une stratĂ©gie statique, s’est avĂ©rĂ©e inutile.

Le chevalier en armure dans l’image ci-dessous reflĂšte cette croyance persistante dans la soliditĂ© d’une forteresse protĂ©gĂ©e par un « Gardien de Fer ». Le livre de Cohen & Gooch, «Military Misfortunes – The Anatomy of Failure in War» rappelle quelques-uns des Ă©checs les plus retentissants des stratĂ©gies de dĂ©fense basĂ©es sur des concepts inadaptĂ©s et/ou dĂ©passĂ©s. La ligne Maginot fut un dĂ©sastre, amplifiĂ© par un Haut commandement français qui n’a pas voulu Ă©couter les avertissements de ses services de renseignements qui avaient pourtant vu juste.

A chacun de nos billets nous rapportons des faits qui, mis bout Ă  bout, montrent que nous allons dans le mur en matiĂšre de cybersĂ©curitĂ©. C’est aussi le message que donnent de nombreux les experts de renom. Notre dĂ©fense dans le cyberespace s’apparente Ă  celle de la France en 1940: une ligne statique et un management qui persiste Ă  ne pas Ă©couter les avertissements alors que l’accĂ©lĂ©ration des dĂ©veloppements technologiques dus Ă  l’IA va ĂȘtre encore exacerbĂ©e par l’informatique quantique. Et oui, cela va coĂ»ter.

Notre recommandation est simple: il faut sortir du «syndrome Maginot» et REPENSER LA SÉCURITÉ DE LA SOCIÉTÉ A L’ÈRE DE LA MUTATION NUMÉRIQUE.

Eu Ă©gard au nombre de variables entrant dans l’équation, cette rĂ©flexion doit s’établir prioritairement au niveau de la politique de sĂ©curitĂ© de l’État et des entreprises, non de la technique qui est un moyen, non une fin en soi. Quand on parle de cyber, il ne faut plus penser «informatique», mais «business et systĂ©mique». Dans ce contexte, un concept comme le Cyber Dome israĂ©lien, est-il une rĂ©ponse valable ou une tentative dĂ©sespĂ©rĂ©e dans une logique d’attrition sans issue?

On peut apprĂ©cier ou pas Elon Musk, mais il est certainement l’une des personnes les plus informĂ©es sur ces sujets. Et quand il nous dit que l’IA pourrait devenir rapidement plus smart que les ĂȘtres humains, ne serait-il pas utile d’en Ă©tudier la portĂ©e?

Restons cependant justes avec la Suisse, car elle travaille à ces questions. Mais par rapport aux défis de la mutation numérique (voir la rubrique FOCUS), nous sommes trop lents et les ressources attribuées insuffisantes.

Musk dit par ailleurs que si les progrĂšs de l’IA Ă©taient auparavant limitĂ©s par la disponibilitĂ© des puces, la principale limite sera celle de l’électricitĂ©. La stratĂ©gie Ă©nergĂ©tique suisse 2050 a-t-elle anticipĂ© la voracitĂ© de l’IA?

Tout cela suggéré par des murs de béton érigés il y a bientÎt 100 ans !


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BOOKS & REPORTS

Voici la liste des livres et publications d’intĂ©rĂȘt dĂ©cou-verts lors de nos recherches durant les derniĂšres semaines. Vous les retrouverez sur dVPedia Ă  la rubrique dVLibrary.

ACTUALITES

â–ș XPLAIN – Voilà
 les rapports ont Ă©tĂ© publiĂ©s. Passons Ă  autre chose. Vraiment? Le plus grand risque est dĂ©sormais de classer l’affaire alors que les faits sont graves et inquiĂ©tants et concernent potentiellement toutes les organisations et les entreprises: les manquements ont trait aux processus, Ă  la technique et Ă  aux personnes. Le rapport met en Ă©vidence combien la notion de «sĂ©curitĂ© de la chaĂźne d’approvisionnement» est incomprise, combien les menaces ont Ă©tĂ© sous-estimĂ©es, ainsi que l’insuffisance gĂ©nĂ©ralisĂ©e des moyens de sĂ©curitĂ©. Et la confiance aveugle n’est pas une stratĂ©gie de cybersĂ©curitĂ©.

â–ș OFCS (Office fĂ©dĂ©ral de la cybersĂ©curitĂ©) – Chers Lectrices et lecteurs, merci de lire le chapitre introductif de la nouvelle stratĂ©gie de l’OFCS. Le constat est sans appel: la cybersĂ©curitĂ© dans le pays est CATASTROPHIQUE. Merci Ă  l’OFCS de sa franchise. Comme le montrent ses chiffres semestriels, la situation se dĂ©tĂ©riore mĂȘme continuellement. ‱ Notre (État, entreprises, individus) capacitĂ© d’adaptation Ă  l’évolution technologique est infĂ©rieure Ă  celle des cybermalfaisants. ‱ Comme dĂ©montrĂ© dans le cas XPLAIN la Suisse balance entre «insouciance» et «incompĂ©tence». ‱ Alors que le cyberespace reprĂ©sente avec l’approvisionnement Ă©lectrique les deux Ă©lĂ©ments vitaux de notre sociĂ©tĂ© numĂ©rique, les ressources pour les protĂ©ger restent totalement insuffisantes (Ă  l’OFCS aussi ; voir notre billet 94). Quel niveau de dĂ©gĂąt faut-il attendre pour que la Suisse prenne la mesure des enjeux?

â–ș Morane – Comme l’écrivait SĂ©bastien Fanti «Être bouleversĂ©. Hurler. Écumer. Contre les auteurs. Contre ceux qui ne font rien. Ou si peu».  Comment a-t-on pu en arriver lĂ , avec une jeune femme qui s’enlĂšve la vie Ă  cause du harcĂšlement subit? Simplement par nĂ©gligence, car notre sociĂ©tĂ© ne veut pas intervenir avec assez de force pour faire cesser de tels actes. Oui le harcĂšlement tue et Romane n’est pas la seule! Un exemple de plus qui dĂ©montre le dĂ©calage entre les pratiques criminelles et les rĂ©ponses de la sociĂ©tĂ©. ProtĂ©geons nos enfants et soutenons l’association Morane!

â–ș O sole mio ! – Dans l’approche holistique et systĂ©mique suivie par digiVolution, les risques liĂ©s aux tempĂȘtes solaires sont rĂ©guliĂšrement thĂ©matisĂ©s. AprĂšs s’ĂȘtre Ă©merveillĂ©s face au spectacle des aurores borĂ©ales, il est plus que temps de parler des risques liĂ©s Ă  ce phĂ©nomĂšne. Heureusement, les mĂ©dias ont commencĂ©. Mais aprĂšs ? Car les consĂ©quences pourraient ĂȘtre dĂ©vastatrices pour notre civilisation dĂ©pendante de ses infrastructures IT et de l’électricitĂ©. On prend des mesures?  Lesquelles ? OĂč ?

Aurora borealis, Mont Vully, 11.05.2024 – Courtesy Isabel Streit – https://isasastroatelier.ch/

C’est tout pour cette 101Ăšme Ă©dition. Nous espĂ©rons qu’elle vous a, une fois encore, inspirĂ©. Nous vous souhaitons une enrichissante dĂ©couverte des articles et liens sĂ©lectionnĂ©s (une longue liste pour tout un mois Ă©coulĂ©) et vous retrouverons dans 15 jours.


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100 !

100 ! 580 435 digiVolution

Chers Lectrices et Lecteurs

La fondation digiVolution est nĂ©e le 4 dĂ©cembre 2020. Le 4 janvier 2021 Ă©tait publiĂ© le billet nr. 0 pour annoncer sa naissance et le 8 janvier le billet nr. 1, dans un monde sidĂ©rĂ© par l’assaut du Capitole Ă  Washington. Le 1er avril 2021 commençait l’activitĂ© concrĂšte. A partir du billet nr. 27, le rythme fou du dĂ©but est devenu bihebdomadaire. Et ce 26 avril 2024, nous fĂȘtons dĂ©jĂ  les 100Ăšme dV-News (09-2024) et leur sĂ©lection d’articles et liens.

Chaque Ă©dition nĂ©cessite prĂšs de 4 jours de travail, y compris la publication sur le site web, LinkedIn et dVPedia. Environ 900 messages sont rĂ©guliĂšrement analysĂ©s, chacun donnant lieu Ă  plusieurs dizaines d’informations, d’articles, de rapports et de livres. Depuis l’automne 2022, la rubrique dVTopics de notre cybersuite dVPedia – qui scanne en temps rĂ©el toutes les sources ouvertes sĂ©lectionnĂ©es – est Ă©galement mise Ă  contribution en tant que source.

L’ensemble des mĂ©dias regorge d’informations de qualitĂ© sur des cyberattaques, des vulnĂ©rabilitĂ©s, etc. Notre ambition n’est pas de les concurrencer, mais de contribuer Ă  ce que les dĂ©cideurs qui nous suivent deviennent des acteurs (plus) Ă©clairĂ©s en matiĂšre de mutation numĂ©rique et Ă  cet effet d’élargir le pĂ©rimĂštre d’observation et d’analyse [link]. Une approche holistique est en effet impĂ©rative et notre niveau d’ambition est – comme reprĂ©sentĂ© dans la pyramide de l’information ci-dessous – de contribuer Ă  la connaissance avec une comprĂ©hension systĂ©mique des dĂ©fis de la mutation numĂ©rique.

Notre newsletter est le fruit d’un processus rigoureux, inscrit dans la durĂ©e et dont le but est de comprendre, d’interroger et d’attirer l’attention sur des dĂ©veloppements significatifs, de produire une image stratĂ©gique, non de se limiter aux incidents techniques / tactiques du quotidien.

Avons-nous rĂ©ussi notre pari? Oui si l’on en juge les nombreux commentaires positifs reçus. Non si l’on considĂšre que malgrĂ© tout ce travail suivi dĂ©sormais par plusieurs milliers de personnes, nous devons toujours et encore rĂ©pĂ©ter les mĂȘmes choses. Oui Ă  la lumiĂšre de la qualitĂ© de notre apport qui ne cesse de progresser et jouit dĂ©sormais d’un lectorat international (raison de sa traduction en anglais). Non car les dĂ©fis sont loin d’ĂȘtre maĂźtrisĂ©s.

Parmi les centaines de messages que nous traitons, un bon nombre est reçu de personnes qui se sentent solidaires de notre travail et nous font part de leur trouvailles et de leurs rĂ©flexions. En particulier notre Beirat. Sans son rĂ©seau d’amis et d’experts, digiVolution serait bien seule
! Un grand MERCI Ă  eux et Ă  nos quatre donateurs historiques – qui souhaitent rester dans l’ombre – sans lesquels rien de tout cela n’aurait Ă©tĂ© possible.

Pour digiVolution la phase 1.0 est derriĂšre. DĂ©sormais il s’agir de passer Ă  la 2.0, alors permettez-nous d’en appeler Ă  votre gĂ©nĂ©reux soutien.

BOOKS & REPORTS

Voici la liste des livres et publications d’intĂ©rĂȘt dĂ©cou-verts lors de nos recherches durant les derniĂšres semaines. Vous les retrouverez sur dVPedia Ă  la rubrique dVLibrary.

â–ș MĂ©moire de l’humanitĂ© – Les technologies de stockage – disquettes, disques ZIP, clĂ©s USB, CD-Rom, etc. – vivent entre 5 et 10 ans. Et aprĂšs ? Ils s’altĂšrent, se dĂ©magnĂ©tisent et surtout sont rapidement remplacĂ©s par d’autres standards, d’autres technologies En clair : ils sont juste bons Ă  jeter et leur contenus avec, car la compatibilitĂ© avec les versions prĂ©cĂ©dentes est souvent alĂ©atoire. Pour les cas dĂ©sespĂ©rĂ©s, il y a bien le musĂ©e Bolo de l’EPFL, mais lui-mĂȘme combien de temps survivra-t-il ? Le mĂ©tier d’archĂ©ologue risque de devenir frustrant quand il n’y aura plus d’écrits
! En devenant pour la premiĂšre fois le dĂ©positaire officiel de l’histoire d’une nation entiĂšre, Aruba, une Ăźle des CaraĂŻbes, l’Internet Archive Ă©tend son rĂŽle dĂ©jĂ  immense dans la prĂ©servation du monde numĂ©rique pour la postĂ©ritĂ©. L’UNESCO demande depuis longtemps une solution Ă  la prĂ©servation de la mĂ©moire de l’humanitĂ©. Cet exemple d’Aruba est ainsi une bonne piqĂ»re de rappel.

â–ș RĂ©seaux europĂ©ens de distribution de l’énergie – Depuis les dĂ©buts de digiVolution, un thĂšme revient rĂ©guliĂšrement : l’équation «NO POWER – NO CYBER». Toutefois, quand on parle de besoin en puissance Ă©lectrique un Ă©lĂ©ment clĂ© est souvent oubliĂ©, son transport. En matiĂšre d’électricitĂ©, le rĂ©seau de transport Ă  haute tension (entre 110 et 400 kV) est un Ă©lĂ©ment clĂ© qui nĂ©cessitera des renforcements trĂšs substantiels, car selon le dernier rapport de EMBER, un think tank dĂ©diĂ© Ă  l’accĂ©lĂ©ration de la transition Ă©nergĂ©tique, le rĂ©seau europĂ©en Ă  haute tension pourrait bien ĂȘtre sous-dimensionnĂ© pour incorporer la puissance supplĂ©mentaire produite par le vent et le solaire. Comme tout le rĂ©seau europĂ©en est reliĂ© et qu’il ne comprend pas que de bons Ă©lĂšves, les risques de panne sont loin d’ĂȘtre nĂ©gligeables.

â–ș AI Index Report de l’universitĂ© de Stanford – L’édition 2024, septiĂšme opus, arrive Ă  un moment charniĂšre alors que l’influence de l’IA sur la sociĂ©tĂ© n’a jamais Ă©tĂ© aussi prononcĂ©e. Nous avons rĂ©sumĂ© ses 10 conclusions clĂ©s.

  1. L’IA surpasse l’homme pour certaines tĂąches, mais elle est Ă  la traĂźne pour les plus complexes, notamment dĂšs qu’il faut raisonner et planifier.
  2. L’industrie domine la recherche avec 51 modĂšles d’apprentissage automatique produits en 2023, alors que le monde acadĂ©mique n’en a produit que 15.
  3. Les modĂšles pionniers deviennent beaucoup plus coĂ»teux. L’entraĂźnement de GPT-4 seul a coĂ»tĂ© 78 millions de dollars et Gemini Ultra de Google 191 millions.
  4. Les États-Unis devancent la Chine, l’UE et le Royaume-Uni. En 2023, 61 modĂšles avancĂ©s d’IA proviennent des USA, 21 de l’UE et 15 de Chine.
  5. Les Ă©valuations robustes et normalisĂ©es pour la responsabilitĂ© des LLM font dĂ©faut, ce qui complique la comparaison des risques et des limites entre les modĂšles d’IA.
  6. L’investissement dans l’IA gĂ©nĂ©rative explose (25.2 milliards de dollars, soit 8 fois les chiffres de 2022) malgrĂ© une baisse de l’ensemble des investissements dans l’IA.
  7. Selon plusieurs Ă©tudes, l’IA rend les travailleurs plus productifs. Ces Ă©tudes ont montrĂ© que l’IA permet de combler le fossĂ© entre les travailleurs peu et trĂšs qualifiĂ©s, mais d’autres Ă©tudes relĂšvent un fort besoin de supervision.
  8. Les progrĂšs scientifiques s’accĂ©lĂšrent encore, grĂące Ă  l’IA et 2023 a vu le lancement d’applications d’IA liĂ©es Ă  la science encore plus importantes, par exemple dans les sciences des matĂ©riaux.
  9. Le nombre de rĂ©glementations liĂ©es Ă  l’IA aux USA augmente rapidement. En 2023, il y en avait 25 contre une seule en 2016.
  10. Partout dans le monde, les gens sont plus conscients de l’impact potentiel de l’IA. Aux USA, 52 % des AmĂ©ricains se disent plus inquiets qu’enthousiastes Ă  l’Ă©gard de l’IA, contre 37 % en 2022.

C’est tout pour cette 100Ăšme Ă©dition. Nous espĂ©rons qu’elle vous a Ă  nouveau inspirĂ©. Nous vous souhaitons une enrichissante dĂ©couverte des articles et liens sĂ©lectionnĂ©s et vous retrouverons dans 15 jours.


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Alarm

Alarm 1000 832 digiVolution

Chers Lectrices et Lecteurs

Voici les dV-News 08-2024 et leur sĂ©lection d’articles et liens. Dans cette Ă©dition nous voulons sonner une fois encore l’alarme. Deux faits rĂ©cents motivent notre cri: les statistiques de la cybercriminalitĂ© en Suisse et le cas xz Utils. Ces deux sujets structurent ce 99Ăšme billet et illustrent l’urgence pour la Suisse de disposer d’une «vision pour une sociĂ©tĂ© sĂ»re, rĂ©siliente et souveraine au temps de la mutation numĂ©rique». Cette proposition, chaque jour plus impĂ©rative, Ă©tait dĂ©jĂ  au cƓur de notre commentaire sur le RAPOLSEC 21. Il n’a pas Ă©tĂ© entendu.

La Suisse doit Ă©lever le dĂ©bat du numĂ©rique et se doter d’un solide et durable avantage stratĂ©gique. Cessons de n’ĂȘtre que des suiveurs !


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Depuis 2020 seulement, la Suisse dispose d’une statistique policiĂšre sur les cyberdĂ©lits. Lors de la premiĂšre publication, l’Office fĂ©dĂ©ral de la statistique faisait Ă©tat de 24’400 cas annoncĂ©s. En 2023, ce sont dĂ©sormais 43’839 cas qui ont Ă©tĂ© rapportĂ©s par les forces de l’ordre, soit une augmentation de 80% en 4 ans. Entre 2022 et 2023, la progression a Ă©tĂ© de 31%. La plupart des dĂ©lits sont de nature Ă©conomique, avec 40’496 cas recensĂ©s, en hausse de 36,5% pour 2023. En cause, principalement l’escalade du phishing (+70%), l’utilisation frauduleuse de systĂšmes de paiement ou d’identitĂ©s pour des escroqueries (+66%) et les arnaques liĂ©es aux petites annonces, oĂč les objets payĂ©s ne sont pas livrĂ©s (+23,1%).

Prenons le risque de projeter une augmentation annuelle des cyberdĂ©lits de +5%. En 2030, la progression annuelle sera alors de +65% avec un total de prĂšs de 740’000 cyberdĂ©lits. Si cette progression se confirme, alors les chiffres qui seront publiĂ©s dans un an pour 2024 seront de 59’000 cas et de 83’000 pour 2025.

ExagĂ©rĂ©? Alarmiste? Peut-ĂȘtre. En France, la progression depuis 2020 est de 400%. Selon Statista, la facture mondiale de la cybercriminalitĂ© atteindra 13’820 milliards $ en 2028, soit plus de 10% du PIB mondial. Et ce sont les pays riches qui seront le plus touchĂ©s. Selon le Bitkom, en 2022 ce sont 3.8% du PIB de l’Allemagne qui sont partis en fumĂ©e, soit 206 milliards €.  RapportĂ© Ă  la Suisse, c’est comme si nous avions en 2022 jetĂ© par la fenĂȘtre 5 fois le budget de l’armĂ©e. Quelle est la part due uniquement Ă  la criminalitĂ© et celle due aux frictions gĂ©opolitiques et au cyber in war? Difficile Ă  dire, mais les tensions mondiales croissantes ne vont pas rĂ©duire les risques.

Que traduisent ces chiffres? Une augmentation du nombre de cyberdĂ©lits ou du nombre d’annonces? Le reporting aux autoritĂ©s pĂ©nales s’amĂ©liore, mais ces chiffres montrent sans aucun doute une augmentation des cyberdĂ©lits. Et ce n’est lĂ  que la pointe de l’iceberg, car la zone grise est importante. Il y a les cas non dĂ©tectĂ©s et surtout les cas non annoncĂ©s. Selon le DĂ©partement US de justice, seul un cas sur sept est annoncĂ© aux autoritĂ©s de poursuite pĂ©nale. Au moins 85% de la cybercriminalitĂ© reste ainsi cachĂ©e.

Ceux que ces chiffres dĂ©rangent trouveront toujours des excuses pour les relativiser et repousser les mesures qui s’imposent Ă  plus tard, mais la conclusion qui s’impose est que les cyberdĂ©fenseurs sont en passe de perdre la bataille. Facture salĂ©e en vue! Surtout avec l’accĂ©lĂ©ration due Ă  l’IA et Ă  l’informatique quantique.

Depuis la crĂ©ation de digiVolution nous ne cessons d’alerter sur cette rĂ©alitĂ©, en insistant sur le besoin d’une approche holistique et systĂ©mique. En effet, les problĂšmes de sĂ©curitĂ© de la sociĂ©tĂ© numĂ©rique ne sont pas que d’ordre technologique. Ils sont tout aussi largement provoquĂ©s par des problĂšmes politiques, de ressources humaines, matĂ©rielles ou Ă©nergĂ©tiques notamment.

Qu’est-ce qui est vraiment entrepris pour maĂźtriser cette situation qui porte tous les symptĂŽmes d’une catastrophe annoncĂ©e? Que faut-il faire pour que la Suisse se mette enfin Ă  investir massivement dans de vĂ©ritables solutions pour sa sĂ©curitĂ© Ă  l’ùre numĂ©rique? Nous avons besoin de beaucoup plus de nouvelles idĂ©es.

La confiance, la rĂ©silience et la souveraineté numĂ©riques ne se construiront pas Ă  coup de slogans, mais d’actions concrĂštes. digiVolution rĂ©pĂšte depuis sa crĂ©ation que ce sont lĂ  des sujets STRATÉGIQUES, VITAUX et URGENTS. Et de nombreuses propositions ont Ă©tĂ© formulĂ©es. L’Occident craint le dĂ©ferlement de hordes de blindĂ©s russes. Dans quelques annĂ©es peut-ĂȘtre, mais c’est maintenant que notre sociĂ©tĂ© est attaquĂ©e et de maniĂšre croissante lĂ  oĂč elle est la plus faible, dans ses dĂ©pendances et vulnĂ©rabilitĂ©s informationnelles et numĂ©riques. Il serait temps de se rĂ©veiller, de regarder les problĂšmes en face et de mettre de vĂ©ritables prioritĂ©s.

To prevent global catastrophe, governments must first admit there’s a problem [link]

BOOKS & REPORTS

Voici la liste des livres et publications d’intĂ©rĂȘt dĂ©couverts lors de nos recherches durant les derniĂšres semaines. Vous les retrouverez sur dVPedia Ă  la rubrique dVLibrary.

Open Source – Who is responsible?

Nous avons souvent Ă©voquĂ© le thĂšme de la souverainetĂ©, c’est-Ă -dire la capacitĂ© d’une entitĂ© (individu, organisation, entreprise, État) Ă  dĂ©cider et Ă  agir en toute autonomie, donc aussi Ă  assumer la pleine responsabilitĂ© de ses actes. Le quasi-incident rĂ©cent xz Utils nous a incitĂ© Ă  nous intĂ©resser Ă  la question des logiciels open source.

Vous pensiez que derriÚre chaque ligne de code se trouve une entité juridiquement responsable? Oubliez! Diverses communautés mettent certes du temps et des compétences à disposition pour élaborer du code mis ensuite gracieusement à disposition du public
 MAIS!

Lorsque des bĂ©nĂ©voles vont nettoyer des ruisseaux envahis de dĂ©chets, s’ils oublient quelques emballages ou bouteilles en plastique, ce n’est certes pas propre, mais c’est sans consĂ©quence systĂ©mique. Lorsqu’en revanche des bĂ©nĂ©voles dĂ©veloppent du code que personne ne contrĂŽle vraiment et que ces briques technologiques se retrouvent partout, jusqu’au cƓur de notre vie et Ă  notre insu durant des dĂ©cennies, qui endosse quelle responsabilitĂ© en cas de dysfonctionnement?Pourtant les consĂ©quences peuvent ĂȘtre Ă©normes.

Les passionnĂ©s de l’open Source argumentent volontiers que la communautĂ© veille au grain et s’autocontrĂŽle. Mais qui se cache derriĂšre ce terme. Un chevalier blanc? Un gĂ©nie-zĂ©ro-dĂ©faut? Il peut aussi s’agir de loups dĂ©guisĂ©s en brebis nourrissant l’ambition de glisser quelques lignes malveillantes dans des briques logicielles essentielles Ă  Internet et que seuls connaissent quelques individus. C’est ce qui est arrivĂ© dans le cas xz Utils.

Les gĂ©ants de la tech emploient des centaines de milliers de personnes pour dĂ©velopper leurs produits. Ils consacrent des efforts croissants pour produire du code exempt de failles. MalgrĂ© cela leurs produits sont perclus de fautes et la situation ne semble pas s’amĂ©liorer dĂšs lors que l’IA s’en mĂȘle. Surtout si les gĂ©ants de la tech eux-mĂȘmes sont nĂ©gligents en matiĂšre de sĂ©curitĂ©. Mais au moins sont-ils juridiquement responsables pour leurs produits.

Les vulnĂ©rabilitĂ©s sont (en principe) corrigĂ©es par les Ă©diteurs au fur et Ă  mesure des trouvailles. Beaucoup dĂ©couvertes par nous, les utilisateurs (payants) / bĂȘta-testeurs. Lorsqu’un patch est publiĂ©, il est impĂ©ratif de le dĂ©ployer au plus vite dans sa propre infrastructure, car les malveillants lisent aussi les publications sur les vulnĂ©rabilitĂ©s et leurs correctifs ; ils savent donc en mĂȘme temps que nous quand notre sĂ©curitĂ© est compromise. Malheureusement il est courant qu’entreprises comme particuliers mettent des jours, des mois, parfois mĂȘme des annĂ©es avant de rĂ©agir. Et pendant ce temps, les vilains se baladent !

Et dans le monde de l’open source, cela se passe comment? Quels sont les processus? Qui est responsable? Il est fort probable qu’il n’y ait personne au bout du fil. Et est-ce que la communautĂ© produit moins de bugs que l’industrie? Comme le dĂ©montre le cas xz Utils, une collection de librairies sous Linux et de nombreux systĂšmes Unix pour compresser les donnĂ©es, l’open source n’est pas immunisĂ© contre les bugs et ceux-ci peuvent ĂȘtre fortuits, mais aussi intentionnels.

Le hasard a voulu qu’un programmeur dĂ©couvre une porte dĂ©robĂ©e installĂ©e par une main probablement Ă©tatique dans une de ces briques logicielles ignorĂ©es du grand public, mais dĂ©ployĂ©es Ă  l’échelle mondiale pour la maintenance des serveurs. Ce logiciel produit par quelques bĂ©nĂ©voles a Ă©tĂ© manipulĂ© et s’est trouvĂ© Ă  un cheveu d’ĂȘtre distribuĂ© avec des fonctions malveillantes. Les concepteurs de cette faille auraient pu ensuite, sans opposition, accĂ©der Ă  un nombre incalculable de systĂšmes, dans le monde entier.

Qui est responsable de la qualitĂ© de ces logiciels libres? Savez-vous qu’en surfant sur le net avec vos processus les plus vitaux, ceux-ci dĂ©pendent d’un socle dont vous ne savez rien, pour lequel personne n’est officiellement en charge, contrĂŽlĂ© et comptable en cas d’incident ?

S’exprimant sur ce cas xz Utils le «pape» de la cybersĂ©curitĂ©, Bruce Schneier, parle de chance que cette porte dĂ©robĂ©e ait pu ĂȘtre dĂ©couverte Ă  temps. Mais il Ă©crit Ă©galement qu’il ne s’agit certainement pas d’un cas isolĂ©. Mais peut-on subordonner la sĂ©curitĂ© de nos processus vitaux Ă  des amateurs, Ă  la chance ou Ă  la roulette?

Finissons sur un peu d’humour: en informatique on connaissait les Easter eggs. Maintenant il y a les cyberpoissons d’avril.

C’est tout pour cette Ă©dition. Nous espĂ©rons qu’elle vous a plu. Nous vous souhaitons une enrichissante dĂ©couverte des articles et liens sĂ©lectionnĂ©s et vous retrouverons dans 15 jours.


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Born 150 years ago

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Chers Lectrices et Lecteurs

Voici les dV-News 07-2024 et leur sĂ©lection d’articles et liens. La rĂ©flexion de cette Ă©dition est inspirĂ©e par la commĂ©moration du 22 mars 2024 – superbement organisĂ©e par le Divisionnaire TĂŒscher, commandant de la division territoriale 1 – pour le 150Ăšme anniversaire de la naissance du gĂ©nĂ©ral Guisan, notre Commandant en chef durant la Seconde Guerre mondiale.

Qu’aurait dit Guisan?

De tous les discours – tous remarquables – de cette commĂ©moration Ă  Verte Rive, l’ancienne propriĂ©tĂ© du GĂ©nĂ©ral Ă  Pully, nous avons choisi de retenir deux Ă©lĂ©ments principaux: l’importance pour Guisan de l’humain et ses efforts acharnĂ©s pour prĂ©parer la Suisse Ă  affronter la catastrophe qu’il entrevoyait en 1934 dĂ©jĂ . Guisan n’a eu qu’une boussole pour guider son action: le bien supĂ©rieur de la Patrie.

Ce qui devrait cependant ce 22 mars 2024 avoir logiquement marquĂ© l’assistance, c’est la modernitĂ© des propos qu’a tenus le GĂ©nĂ©ral, jusque dans son rapport final. Il suffit en effet, prĂšs de 80 plus tard, de ne changer que quelques dates et mots pour constater combien ses principes et lignes directrices n’ont quasiment pas pris une ride.

La question qui se pose Ă  nous est quel serait le message du GĂ©nĂ©ral aujourd’hui face aux menaces pesant sur la Suisse de 2024 en raison des dĂ©veloppements et dĂ©pendances technologiques. Ce jeu d’esprit sera peut-ĂȘtre qualifiĂ© d’arrogant ou au moins d’audacieux, mais il nous est paru opportun, alors que la guerre est de retour en Europe et menace chaque jour de s’aggraver, de tenter d’adapter aux contingences du moment ce que le GĂ©nĂ©ral, fort de son expĂ©rience de commandant en chef, aurait pu nous recommander.

Voilà ce que le Général 2.0 nous dirait:

« Dans notre monde globalisĂ© par les donnĂ©es et les technologies, j’attends de chacun(e), selon ses compĂ©tences et ses responsabilitĂ©s qu’il/elle mette tout en Ɠuvre pour

comprendre la situation – Le savoir est clĂ© et il importe que chaque acteur dispose, sans aucune concession, des faits (Ă©galement historiques) prĂ©cis, libĂ©rĂ©s de tout filtre (technique aussi) dogme ou manipulation, car il/elle en a besoin pour analyser les risques et les opportunitĂ©s et ainsi prendre de bonnes dĂ©cisions.

ĂȘtre prĂȘt en toute circonstance – Toutes les mesures techniques, organisationnelles et opĂ©rationnelles requises doivent ĂȘtre priorisĂ©es et rĂ©alisĂ©es et le personnel doit y ĂȘtre instruit et entraĂźnĂ©, et Ă  toute question doit correspondre une rĂ©ponse ou au moins une planification prĂ©visionnelle.

ĂȘtre en mesure de durer – C’est certainement la chose la plus difficile, car toute pĂ©riode prolongĂ©e de facilitĂ© ramollit les esprits les plus dĂ©terminĂ©s et tend Ă  rĂ©duire les efforts et les rĂ©serves, alors que – l’histoire le prouve – ce sont les pĂ©riodes d’adversitĂ© et de compĂ©tition qui sont le cas normal et que c’est lĂ  que se mesure la performance et se forge le succĂšs.

rester innovant – La technologie avance rapidement et les pratiques et tactiques avec elles, imposant de donner Ă  chacun de la libertĂ© d’action (Auftragstaktik) et de promouvoir l‘esprit d’innovation Ă  tous les niveaux, tout en maintenant un cadre qui garantit la cohĂ©rence de l’ensemble.

agir en profondeur – L’État est responsable d’organiser la sociĂ©tĂ©, mais il ne peut pas tout pour elle. Il incombe Ă  chaque maillon – entreprise, organisation et individu – de comprendre et d’assumer sa position et ses responsabilitĂ©s au sein de l’ensemble. »

Ce qui est intĂ©ressant dans ces cinq points, c’est leur capacitĂ© Ă  s’appliquer non seulement au niveau du pays, mais aussi Ă  celui de toute organisation privĂ©e.

Pourquoi est-il pertinent de tenter de transposer l’enseignement du GĂ©nĂ©ral Ă  l’instant prĂ©sent? Parce que la situation gĂ©opolitique prend un tour inquiĂ©tant et que sur le plan du cyber et de tous les facteurs dont celui-ci dĂ©pend, la situation n’est pas meilleure, comme nous le rappelons souvent.

La sĂ©curitĂ©, ce n’est pas si compliquĂ©, mais elle a un prix et celui de l’insĂ©curitĂ© est plus grand encore. La Suisse l’a-t-elle oubliĂ©?

BOOKS & REPORTS

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News significatives de la quinzaine

â–ș TORNADO – Sous la direction de l’excellent Maxime Girod a eu lieu le 14 mars Ă  Morges la 4Ăšme Ă©dition du Forum Venoge sur les consĂ©quences des catastrophes naturelles. Un thĂšme d’actualitĂ© alors que l’UE elle-mĂȘme commence Ă  douter de son Ă©tat de prĂ©paration en la matiĂšre et que l’Agence europĂ©enne de l’Environnement exhorte l’Europe Ă  faire davantage contre la crise climatique pour Ă©viter des consĂ©quences «catastrophiques». Significatif pour le cyber? Sans aucun doute, car les infrastructures techniques ont notamment besoin de refroidissement, d’énergie ou encore de sols stables. Trois sujets dĂ©jĂ  problĂ©matiques, en Suisse aussi. Pour 2025, la date du prochain forum est fixĂ©e au 20 mars et le thĂšme sera celui de l’IA. À vos agendas!

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â–ș Les petits hommes verts ne sont pas parmi nous? – C’est ce qu’affirme un rapport du Pentagone. Ses auteurs n’ont en effet trouvĂ© aucune preuve de visites d’extraterrestres ou de vaisseaux spatiaux cachĂ©s. Les enquĂȘteurs estiment que les affirmations relatives Ă  des programmes gouvernementaux secrets de rĂ©tro-ingĂ©nierie de la technologie extraterrestre sont basĂ©es sur des «rapports circulaires» et des ouĂŻ-dire. Les conclusions de l’Ă©tude sont sans Ă©quivoque: il n’y a aucune preuve de l’existence d’une technologie extraterrestre reprĂ©sentĂ©e. N’en dĂ©plaise aux rĂȘveurs, cela signifie qu’il n’existe pas de technologie magique capable de jouer les game changers. Vrai? Le mythe de la zone 51 est menacĂ©Â đŸ˜Š.

â–ș Utilisation militaire responsable de l’intelligence artificielle – Encore une initiative oĂč la Suisse brille par son absence? Si cela devait ĂȘtre le cas,  serait-ce en raison d’une interprĂ©tation restrictive de la neutralitĂ©? Pourtant la liste des participants indique que l’initiative est trĂšs ouverte. Et sur le fond, il semblerait judicieux de participer Ă  la maĂźtrise des technologies disposant d’un potentiel Ă©levĂ© de dĂ©rapage. La Suisse participe bien depuis 2019 au Centre d’excellence de Tallinn sur la cyberdĂ©fense. N’attendons pas que se matĂ©rialisent des scĂ©narii Ă  la «Terminator» avant de rĂ©flĂ©chir. Certains militaires n’attendront pas 

â–ș L’ùre des donnĂ©es – Le dernier bulletin de l’asut – l’association suisse des entreprises de tĂ©lĂ©communications – vaut le dĂ©tour, en particulier son Ă©dito. Le prĂ©sident de l’asut Peter GrĂŒtter expose la sociĂ©tĂ© de la donnĂ©e et les immenses opportunitĂ©s qu’offre un usage bien ordonnĂ© de ce carburant. La donnĂ©e recĂšle certes une grande valeur intrinsĂšque, mais Ă  la condition d’ĂȘtre valorisĂ©e. Regardant l’autre face de la mĂ©daille, Peter GrĂŒtter rappelle cependant l’existence d’une face sombre qu’il convient de ne pas laisser nous dĂ©passer. Et Peter GrĂŒtter de conclure : «Nous vivons Ă  l’Ăšre des donnĂ©es : Tirons-en le meilleur parti». D’ailleurs le pĂšre du Web, Tim Berners-Lee, aprĂšs le constat des multiples dĂ©rives de son invention qui fĂȘte ses 35 ans, mais qui n’en est selon lui qu’à ses dĂ©buts, dĂ©livre aussi un message empreint d’optimisme.

â–ș eCyAd – Le projet lancĂ© par la ConfĂ©rence des directrices et directeurs des dĂ©partements cantonaux de justice et police (CCDJP) et le RĂ©seau national de sĂ©curitĂ© (RNS) a franchi un cap important. Ce programme de formation, auquel contribue Ă©galement digiVolution et qui sera complĂ©tĂ© et rĂ©guliĂšrement mis Ă  jour, est disponible pour tout le monde. Toute organisation peut ainsi crĂ©er un groupe et ensuite obtenir pour chaque participant un certificat dĂ©montrant que le programme a Ă©tĂ© accompli.

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Saving Private rAIan

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Chers Lectrices et Lecteurs

Voici les dV-News 06-2024 et leur sĂ©lection d’articles et liens. Un drĂŽle de titre, inspirĂ© d’un article de PublicCitizen, lui-mĂȘme clin d’Ɠil Ă  la sĂ©rie des G.I. Joe – un groupe militaire international Ɠuvrant pour la paix et disposant de puissantes technologies – et un autre titre de film culte dont nous avons dĂ©tournĂ© le nom du personnage central. Tout ça pour introduire un sujet important: l’usage de l’IA comme moyen de guerre.

La mutation numĂ©rique des armĂ©es ne s’est pas faite en un jour. Cependant, depuis le dĂ©but du conflit en Ukraine, jamais la prĂ©sence et l’influence des technologies de l’information et de la communication (TIC) n’ont Ă©tĂ© aussi prĂ©gnantes. Mais c’est aussi une guerre pleine de paradoxes avec du very high tech d’un cĂŽtĂ© et de l’autre des images que l’on pensait Ă  jamais appartenir au passĂ©: les tranchĂ©es boueuses que les soldats doivent se disputer avec des rats.

Les TIC sont partout. Le smartphone remplace dĂ©sormais la lettre manuscrite rĂ©digĂ©e entre les salves d’artillerie pour maintenir un semblant de lien avec les familles. Mais ce lien peut aussi se transformer en piĂšge et permettre Ă  l’ennemi de dĂ©couvrir et de bombarder la position du soldat retranchĂ©. Les drones remplacent certes les jumelles et permettent, sans devoir risquer sa vie en patrouilles de reconnaissance, d’aller voir derriĂšre les obstacles, de franchir les champs de mines ou d’explorer des bĂątiments. Mais comme le faucon fondant sur le lapin imprudemment sorti de son terrier, un autre drone – une munition rĂŽdeuse – peut Ă  tout instant apporter silencieusement la mort depuis le ciel.

Les TIC sont partout. Les images en provenance d’Ukraine ont souvent montrĂ© d’ingĂ©nieux bricolages, mais de plus en plus il s’agit de systĂšmes sophistiquĂ©s dotĂ©s par leurs concepteurs de la plus grande efficacitĂ© et/ou lĂ©talitĂ© possible. Quoi de plus lĂ©gitime quand il s’agit de gagner face Ă  un ennemi qui ne fera pas de quartier?  Depuis fĂ©vrier 2022, l’innovation fait donc rage Ă  tous les niveaux, comme lors de chaque conflit et de nombreux États sont passĂ©s en mode économie de guerre ou sont sur ce chemin. Dans une rĂ©cente allocution, la SecrĂ©taire adjointe Ă  la DĂ©fense US, Kathleen Hicks, a en plus affirmĂ© que le Pentagone avait mis en place les bases nĂ©cessaires pour «une armĂ©e basĂ©e sur les donnĂ©es et dotĂ©e de l’intelligence artificielle». Une accĂ©lĂ©ration est ainsi en marche et tout le monde y contribue. Car au combat cela peut ĂȘtre vital.

Avec le projet Manhattan qui a conduit Ă  la destruction d’Hiroshima et de Nagasaki, l’humanitĂ© a inventĂ© le moyen de destruction ultime. MĂȘme si la bombe est omniprĂ©sente depuis lors, l’humanitĂ© a eu la sagesse d’éviter sa prolifĂ©ration gĂ©nĂ©ralisĂ©e et son usage. Et heureusement, fabriquer une arme nuclĂ©aire n’est pas Ă  la portĂ©e du premier venu.

Mais qu’en est-il de l’IA? Son prix d’entrĂ©e est infiniment plus faible, au point qu’une simple Ă©quipe peut dĂ©velopper des algorithmes dotĂ©s de puissantes cybercapacitĂ©s destructrices ou de contourner les mesures de protection des LLM, avant de les intĂ©grer dans une robotique en rapide essor. Quid alors d’États et/ou de grandes organisations disposant de moyens consĂ©quents et bien dĂ©cidĂ©s Ă  gagner leurs guerres? HĂ©siteront-ils Ă  dĂ©velopper et Ă  utiliser des systĂšmes capables de dĂ©cider eux-mĂȘmes des cibles Ă  dĂ©truire et de le faire en pleine autonomie? HĂ©siteront-ils Ă  laisser l’IA lancer des missiles, mĂȘme nuclĂ©aires comme le craint le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU? À la guerre, le gagnant est souvent celui qui est le plus malin, le plus rapide et le plus prĂ©cis. Et aussi celui qui raconte le mieux les histoires.

L’IA offre ces quatre qualitĂ©s. Quels attaquants ou dĂ©fenseurs renonceraient Ă  disposer de la meilleure arme? Il est donc douteux que des signatures soient respectĂ©es par tous: États, individus, criminels, ou des entreprises mettant le profit au-dessus de tout, comme le montrent trop souvent les gĂ©ants de la tech eux-mĂȘmes. Il est Ă©galement douteux que des principes comme ceux d’Asimov, trĂšs contestĂ©s et inapplicables, conduisent Ă  des rĂšgles universellement et durablement respectĂ©es. L’IA a le potentiel, et elle le fait dĂ©jĂ , pour faire le bien, mais l’humanitĂ© saura-t-elle sauver le soldat rAIan?

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News significatives de la quinzaine

â–ș GĂ©opolitique – Pendant qu’en Europe, notre attention se focalise sur l’Ukraine et le Moyen-Orient, la situation en Asie Ă©chappe gĂ©nĂ©ralement Ă  notre vigilance. Pourtant la situation ne cesse de se dĂ©grader entre les deux CorĂ©es, du cĂŽtĂ© de Taiwan et en mer de Chine mĂ©ridionale. Un potentiel de conflit croissant dans une rĂ©gion qui est ni plus ni moins l’atelier mondial du numĂ©rique. Nombreux sont toutefois encore les commentateurs qui qualifient ce risque, que nous rappelons rĂ©guliĂšrement, d’improbable. Pour s’assurer que l’enjeu est identifiĂ© par tout le monde, nous vous invitons, chers Lectrices et Lecteurs Ă  montrer largement autour de vous la figure ci-dessous. On y voit que l’impact d’une crise augmente en raison de la dĂ©pendance croissante de l’Occident par rapport Ă  l’Asie en produits de l’écosystĂšme numĂ©rique. Certes d’importantes dĂ©cisions ont Ă©tĂ© prises pour relocaliser les productions de biens essentiels aux USA (l’Europe restant ainsi dĂ©pendante), mais leur construction ralentit. En effet, les pĂ©nuries de la pĂ©riode COVID se sont entre-temps rĂ©sorbĂ©es et leur force d’incitation avec elles. On lit Ă©galement dans cette figure – en raison des tensions dans la rĂ©gion – l’effet de la probabilitĂ© croissante de l’explosion de conflits ouverts. Ainsi, en termes de risque, on passe du point orange au point rouge. Quelles seraient les consĂ©quences d’une interruption de la chaĂźne d’approvisionnement des produits du numĂ©rique? Comment le reste du monde pourrait-il y rĂ©pondre? Existe-t-il des rĂ©ponses satisfaisantes?

â–ș L’intelligence artificielle gĂ©nĂ©rale (IAG) arrive – Que cela plaise ou non, rien ne pourra l’empĂȘcher. Pour le pire ou pour le meilleur? La responsabilitĂ© que la seconde option s’impose incombe Ă  l’humanitĂ©. La question qui occupe tous les esprits est «que restera-t-il Ă  l’ĂȘtre humain quand l’IAG sera arrivĂ©e?». Nombreux sont celles et ceux qui estiment que tout ce qui est liĂ© Ă  la crĂ©ation et aux Ă©motions restera l’apanage des seuls ĂȘtres humains. Vraiment? Les progrĂšs observĂ©s depuis novembre 2022 et l’arrivĂ©e en trombe de ChatGPT devraient au contraire nous rendre humbles, tellement de choses qualifiĂ©es il y a peu encore d’impossibles le sont devenues dans l’intervalle. De tels Ă©noncĂ©s, tout comme leur contraire ne sont donc que des hypothĂšses infondĂ©es, du wishful thinking comme disent les Anglo-saxons. Et avec les moyens de locomotion et de prĂ©hension adĂ©quats, qu’est-ce qui empĂȘchera un ĂȘtre synthĂ©tique dopĂ© Ă  l’IAG de faire tout ce que les humains font? En mieux!

â–ș Mon auto et ma grue m’espionnent – Le 6 septembre 2023, la fondation Mozilla rĂ©vĂ©lait l’ampleur de la captation de donnĂ©es par les voitures. L’information n’a dĂ©clenchĂ© pour ainsi dire aucune rĂ©action dans les chancelleries, mais le sujet revient sur le devant de la scĂšne avec des inquiĂ©tudes non seulement sur les voitures produites en Chine, mais Ă©galement sur les grues portuaires. Le PrĂ©sident Biden vient d’ordonner Ă  ce que les donnĂ©es des citoyens amĂ©ricains ne soient plus vendues aux entreprises russes et chinoises. À la lumiĂšre des tensions croissantes entre ces nations, on s’étonnera toujours du nombre de situations oĂč malgrĂ© tous les embargos et les mises en garde, les entreprises et mĂȘme les fonds de pension amĂ©ricains continuent Ă  commercer Ă©troitement avec elles. ParanoĂŻa ou rĂ©alitĂ©? La question se pose aussi avec la Tesla utilisĂ©e par les ConseillĂšres fĂ©dĂ©rales Leuthard et Sommaruga. La rĂ©ponse d’armasuisse que le « mode gardien » de la voiture empĂȘchait que tout soit enregistrĂ© dans et hors du vĂ©hicule et pour le moins courageuse.

â–ș Suite de l’affaire Xplain – L’OFCS / NCSC a publiĂ© un rapport sur l’analyse des donnĂ©es divulguĂ©es par les attaquants. Parmi la masse de documents exposĂ©s sur le darknet l’analyse a fait apparaĂźtre environ 5’200 documents de l’administration fĂ©dĂ©rale avec des contenus sensibles (donnĂ©es personnelles, informations techniques, informations classifiĂ©es, mots de passe). Pourquoi des documents comprenant des informations sensibles n’étaient-ils pas chiffrĂ©s lorsqu’ils sont statiques? Toutes les informations sensibles Ă©taient-elles correctement classifiĂ©es? Le rĂ©sultat de l’enquĂȘte de la task force mise en place pour comprendre ce qui s’est passĂ© et quelles sont les responsabilitĂ©s est attendu pour fin mars. Peut-ĂȘtre y verra-t-on plus clair. Car il est important que les fautes commises dans cette affaire permettent Ă  d’autres de s’amĂ©liorer. En parallĂšle, prĂšs de 7’000 contrats de fournisseurs informatiques de la ConfĂ©dĂ©ration ont Ă©tĂ© Ă©tudiĂ©s et 600 devront encore ĂȘtre examinĂ©s de plus prĂšs. EspĂ©rons que les enseignements permettront de faire progresser les pratiques et qu’ainsi la supply chain de la ConfĂ©dĂ©ration sera renforcĂ©e. La derniĂšre phrase du rapport laisse toutefois craindre que nous en soyons Ă©loignĂ©s, alors qu’un rapport de la rĂ©vision interne du DDPS pointe des lacunes dans la cybersĂ©curitĂ© de ce dĂ©partement. L’administration fĂ©dĂ©rale parviendra-t-elle un jour Ă  devenir exemplaire? La redistribution rĂ©cente des responsabilitĂ©s au dĂ©triment de l’OFCS Ă©tait-elle adĂ©quate?

C’est tout pour cette Ă©dition. Nous espĂ©rons qu’elle vous a plu. Nous vous souhaitons Ă©galement une enrichissante dĂ©couverte des articles et liens sĂ©lectionnĂ©s et vous retrouverons dans 15 jours.


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Strategic vs. tactic

Strategic vs. tactic 2000 1878 digiVolution

Voici les dV-News 05-2024 et leur sĂ©lection d’articles et liens. L’évĂ©nement le plus significatif de cette derniĂšre quinzaine aura Ă©tĂ© sans conteste le dĂ©mantĂšlement par les forces de sĂ©curitĂ© de plusieurs pays du gang de cybercriminels LockBit, un des principaux acteurs de la scĂšne de ransomware. Un succĂšs qui appartient dĂ©jĂ  au passé !

Strategic vs. tactic

Avec ce 96Ăšme billet, notre ambition a Ă©tĂ© d’éclaircir cette question. Chemin faisant, nous sommes une fois encore arrivĂ©s Ă  la conclusion qu’il est impĂ©ratif que chacun comprenne l’importance de la dimension stratĂ©gique des dĂ©fis de la mutation numĂ©rique et des cybermenaces. Se limiter Ă  une comprĂ©hension technique et tactique de ces phĂ©nomĂšnes ne suffit pas, tout comme il est vain de ne se poser les questions qu’une fois les incidents constatĂ©s alors que guette le tsunami des menaces Ă  venir dopĂ©es par l’IA et l’informatique quantique.

Comprendre les cyberphĂ©nomĂšnes n’est cependant pas donnĂ© Ă  chacun, car rares sont les exemples disponibles et comprĂ©hensibles. GrĂące toutefois Ă  la NZZ qui a dĂ©cidĂ©, par la plume de Lukas MĂ€der, d’expliquer en dĂ©tail la cyberattaque subie le 24 mars 2023,  chacun peut se plonger dans les heures, jours et semaines difficiles vĂ©cues par l’entreprise et mesurer les sĂ©quelles subsistant un an plus tard.

MĂȘme si l’article est en allemand (il existe plein de solutions pour le traduire
), nous recommandons Ă  toutes les entreprises et organisations sa lecture attentive, car pour beaucoup d’autres, une telle attaque aurait Ă©tĂ© fatale. Alors, permettez-nous de poser la question Ă  ceux qui n’ont toujours pas fait le nĂ©cessaire: «Êtes-vous prĂȘt Ă  assumer une faillite et Ă  expliquer ses causes Ă  vos collaborateurs et Ă  vos clients» ?

Et pour ceux qui sont prĂȘts, pourquoi n’iriez-vous pas expliquer aux rĂ©calcitrants qu’ĂȘtre prĂȘt n’est ni impossible ni ruineux et que cela peut les sauver? Et que signifie «ĂȘtre prĂȘt»? Quelques mesures techniques et un peu de sensibilisation ne suffisent pas. Ce sont bien entendu des pas nĂ©cessaires, mais la cyberattaque contre la NZZ montre combien l’organisation, la formation du personnel, la communication, les processus et les aspects juridiques font partie du dispositif, auxquels il faut ajouter la gestion des risques et le suivi de situation comme pour tous les autres domaines.

Il faut inlassablement rĂ©pĂ©ter que l’infrastructure IT de l’entreprise n’est pas une simple commoditĂ© technique. Les interdĂ©pendances sont telles, qu’une panne peut devenir rapidement systĂ©mique et donc une menace pour toute l’organisation et ses partenaires. D’ailleurs les attaquants le savent bien, qui prennent souvent le temps de cibler d’autres rouages essentiels, comme d’aller jusqu’à saboter les sauvegardes et ainsi de dĂ©truire Ă©galement la capacitĂ© de rĂ©silience de leurs victimes.

Si la pensĂ©e tactique ne suffit pas, le mot stratĂ©gique ne signifie pas non plus stratosphĂ©rique ou Ă©tatique . Le Larousse est clair: c’est «l’art de coordonner des actions, de manƓuvrer habilement pour atteindre un but». C’est donc Ă  la portĂ©e de tout le monde et permet Ă  toute organisation de prendre de bonnes dĂ©cisions et d’éviter des issues funestes. MĂȘme au sein d’une PME ou d’une petite commune il faut penser et agir stratĂ©giquement.

BOOKS & REPORTS

Voici la liste des livres et publications d’intĂ©rĂȘt dĂ©couverts lors de nos recherches durant les deux derniĂšres semaines. Et sur dVPedia, la rubrique dVLibrary  avec son tout nouveau look and feel comprend dĂ©jĂ  une centaine de titres avec leurs rĂ©fĂ©rences et un rĂ©sumĂ©.

News significatives de la quinzaine

â–ș LockBit down! – Comme introduit plus haut, l’action contre ce groupe de criminels russophones qui a fait plus de 2300 victimes en moins de 3 ans, dont 30 Ă©tablissements de santĂ© entre aoĂ»t 2023 et fĂ©vrier 2024 est une bonne nouvelle. Le fruit de mois de travail des forces de l’ordre de renseignement, y inclus la Suisse. Quelle suite espĂ©rer? La masse d’informations gagnĂ©e et de saisies opĂ©rĂ©es aurait dĂ» empĂȘcher une rapide renaissance du groupe. Toutefois l’exemple de ALPHV/BLACKCAT, soi-disant dĂ©mantelĂ© en dĂ©cembre par le FBI et qui dĂ©clarait annuler les limites qu’il s’était imposĂ© de ne pas attaquer les hĂŽpitaux et les centrales nuclĂ©aires, aurait dĂ» rendre tout le monde prudent. En effet, LockBit semble ĂȘtre dĂ©jĂ  de retour. De quelle maniĂšre le groupe fera-t-il payer la communication inutilement victorieuse et contre-productive de certains? VoilĂ  donc un succĂšs tactique, mais sous l’angle stratĂ©gique, la situation reste inchangĂ©e et l’avenir sombre. Les espoirs soulevĂ©s par cette action sont dĂ©jĂ  douchĂ©s.

â–ș ChatGPT est-il devenu fou? – Oui, selon ChatGPT lui-mĂȘme qui le 21 fĂ©vrier s’est mis Ă  diffuser des rĂ©sultats qualifiĂ©s par ses utilisateurs de «hallucinated garbage». InterrogĂ©, ChatGPT a rĂ©pondu plus tard: «La panne majeure de ChatGPT a Ă©tĂ© causĂ©e par un problĂšme au niveau du serveur backend qui a entraĂźnĂ© l’indisponibilitĂ© du service pendant environ 40 minutes». EspĂ©rons que l’appel de Gary Marcus, qui Ă©crivait le 7 fĂ©vrier «Please, developers and military personnel, don’t let your chatbots grow up to generals» sera entendu. La tentation de faire de l’IA un avantage stratĂ©gique conduira immanquablement certains Ă  ne pas entendre ces mises en garde. En termes de risques, il s’agira de ne pas oublier de laisser un KILL SWITCH humain au centre. Qui se prĂ©occupe de cet aspect stratĂ©gique en Suisse?

â–ș SouverainetĂ© numĂ©rique – Tout indique que cette bataille est loin, trĂšs loin mĂȘme d’ĂȘtre gagnĂ©e. En Suisse, les pessimistes la qualifient mĂȘme de largement perdue suite notamment aux rĂ©centes annonces de l’armĂ©e qui utilise dĂ©sormais Microsoft 365 pour la planification des cours de rĂ©pĂ©tition et les tĂąches hors service et alors que la migration des unitĂ©s administratives de la ConfĂ©dĂ©ration bat son plein. Chez digiVolution nous ne baisserons pas les bras et nous reviendrons sur cette question clĂ©. Dans l’intervalle, nous attirons votre attention sur une publication Ă  venir de Heidi News: «Razia sur nos donnĂ©es», Ă  mettre en miroir (voir la rubrique Books & Reports) avec l’ouvrage de Jean Christophe Schwaab «Pour une souverainetĂ© numĂ©rique».

Source: https://www.heidi.news/explorations/razzia-sur-vos-data/razzia-sur-nos-data-comment-nos-entreprises-servent-la-soupe-a-google-et-facebook

â–ș Super annĂ©e Ă©lectorale et IA – À l’exemple de SORA de OpenAI, l’IA fait des progrĂšs quotidiens en matiĂšre de gĂ©nĂ©ration de contenus, spectaculaire dans ce cas. VoilĂ  de quoi inquiĂ©ter l’industrie audiovisuelle ainsi que tous ceux qui craignent pour les processus dĂ©mocratiques de cette annĂ©e 2024 chargĂ©e en scrutins divers et donc une cible privilĂ©giĂ©e pour la dĂ©sinformation.

Le 15 fĂ©vrier, OpenAI a dĂ©voilĂ© Sora, un modĂšle d’IA gĂ©nĂ©rative capable de crĂ©er des sĂ©quences vidĂ©o rĂ©alistes Ă  partir d’instructions textuelles.


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Cyber Mobilization ?

Cyber Mobilization ? 2500 2123 digiVolution

Chers Lectrices et Lecteurs

Voici les dV-News 04-2024 et leur sĂ©lection d’articles et liens.

Les soubresauts gĂ©opolitiques n’épargnent pas la Suisse et les questions de dĂ©fense sont revenues au cƓur de dĂ©bats, parfois dans la douleur, comme celui du « trou de financement » rapportĂ© rĂ©cemment par les mĂ©dias. Pour cette 95Ăšme Ă©dition, nous avons donc choisi de parler Ă©galement de dĂ©fense, en lien avec le projet de rĂ©vision de la loi militaire en cours de consultation.

Aux (cyber)armes citoyens ?

Quand la nation est attaquĂ©e, elle se dresse comme un seul homme (et femme) avec tous ses moyens face Ă  l’ennemi. Et dans le cyber aussi? « Oui, mais », car comme dans de nombreux autres domaines, les pĂ©nuries menacent ou sont dĂ©jĂ  des rĂ©alitĂ©s. PĂ©nurie de personnel, de matĂ©riel, d’énergie, etc. L’armĂ©e n’est pas Ă©pargnĂ©e, mais pour rĂ©gler ses cyberpĂ©nuries, elle entend recourir Ă  la rĂ©quisition. Le projet de loi en rĂ©vision prĂ©voit ainsi, Ă  son article 95, de permettre Ă  l’armĂ©e de se servir, si nĂ©cessaire, et si le Conseil fĂ©dĂ©ral l’approuve, des ressources informatiques d’institutions et d’entreprises civiles.

Sur le fond, quoi de plus lĂ©gitime que l’on donne Ă  l’armĂ©e les moyens de remplir sa mission de dĂ©fendre le pays si les « barbares » sont Ă  nos frontiĂšres? À ce moment, tous les moyens devront ĂȘtre mobilisĂ©s. Bien, mais que cache cette rĂ©alitĂ© et cette idĂ©e est-elle rĂ©alisable? Les obstacles sont lĂ©gion et nous en avons identifiĂ© trois majeurs :

Sur le plan organisationnel et technique, il faudra tout d’abord savoir ce qui est disponible ou pas, et donc Ă  cet effet cartographier les actifs des organisations et des entreprises. Qui tient Ă  jour son inventaire? L’expĂ©rience de terrain dont dispose digiVolution montre que seule une petite minoritĂ© d’entitĂ©s le fait. L’imposer engendrera des travaux consĂ©quents. Et chez qui? Il faudra en effet que l’armĂ©e indique ce qui l’intĂ©resse pour remplir sa mission. Comment cette information stratĂ©gique sera-t-elle protĂ©gĂ©e? Car il s’agit lĂ  du cƓur de notre Ă©conomie et des secrets d’affaires. Et comment cette base de donnĂ©es sera-t-elle maintenue Ă  jour sachant qu’il s’agit d’un domaine dynamique qui change au quotidien? RĂ©quisitionner des chevaux, des machines de chantier ou des camions, c’était facile il y a encore seulement 40 ans, mais comment faire pour des infrastructures de haute technologie? Pas simple!

Et dĂšs lors que l’on parle d’infrastructures, il faut le personnel pour l’exploiter. L’étude de ICT Formation Professionnelle de 2022 montre que l’armĂ©e devra aller pĂȘcher dans un rĂ©servoir volatile et en cours d’assĂšchement. Parmi les quelque 250’000 personnes actives dans le domaine ICT en Suisse, 66’000 partiront Ă  la retraite ou changeront d’orientation d’ici 2030, alors que la mutation numĂ©rique entraĂźnera d’ici lĂ  un besoin supplĂ©mentaire d’environ 54’000 personnes. Jusqu’en 2030, ce sont donc prĂšs de 120’000 personnes qu’il faudra remplacer, soit prĂšs de 40% de l’effectif national de spĂ©cialistes ICT. Dans ce grand brassage, 1/3 sera composĂ© de jeunes diplĂŽmĂ©s (avec quelle expĂ©rience dans la dĂ©fense?), 1/3 devra ĂȘtre gagnĂ© Ă  l’étranger (qui pourront travailler pour l’armĂ©e?) et 1/3
 s’appellera « Monsieur et Madame Vacant »! Et combien de ces hommes et femmes seront dĂ©jĂ  mobilisĂ©s en uniforme? Et tou(te)s les Suisses(se) informaticien(ne)s incorporĂ©(e)s seront engagĂ©s dans leur compĂ©tence professionnelle? Le veulent-ils? Et s’ils y sont obligĂ©s, quand est-ce que cette question sera rĂ©glĂ©e? DĂšs le recrutement? Et ensuite s’ils changent de mĂ©tier? Et pour tous les professionnel(le)s non mobilisables dans l’armĂ©e, combien avec le passeport suisse, combien avec un niveau de sĂ©curitĂ© vĂ©rifiĂ© et donc combien tout simplement engageables? Et les civilistes? Pas plus simple!

Certes, la guerre en Ukraine a montrĂ© qu’un formidable mouvement de solidaritĂ© pouvait se dresser face Ă  un agresseur. Mais dans ce cas, un troisiĂšme problĂšme se prĂ©sentera, celui du statut de combattant de toutes ces personnes et des infrastructures impliquĂ©es qui deviendront alors – si elles sont engagĂ©es au profit de la dĂ©fense militaire – des buts lĂ©gitimes de guerre pour l’ennemi. Et pour ceux qui deviendront des cybercombattants, le CICR a dĂ©jĂ  rendu attentif sur les difficultĂ©s et proposĂ© des rĂšgles qu’il faudra observer. Et encore pas plus simple!

Le projet de loi a-t-il considĂ©rĂ© ces frictions? Et c’est sans compter les objections que l’économie formulera quand elle comprendra les consĂ©quences de cette intention. Car alors comment feront-elles fonctionner le pays ? Pas simple. Un concept dĂ©taillĂ© et une analyse systĂ©mique s’imposent.

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News significatives de la quinzaine

â–ș RĂ©seaux sociaux et politique – C’est un exercice courant au CongrĂšs amĂ©ricain qui passe en gĂ©nĂ©ral inaperçu en Europe, mais inviter les barons de la tech devant une commission sĂ©natoriale pour les rouer publiquement de coups semble ĂȘtre un sport populaire pour certains politiciens. Chez digiVolution nous nous interrogeons rĂ©guliĂšrement au sujet l’entreprise de M. Zuckerberg, mais nous ne pouvons nous satisfaire de la maniĂšre dont il a Ă©tĂ© poussĂ© Ă  un acte de contrition publique aprĂšs avoir Ă©tĂ© notamment accusĂ©, comme ses collĂšgues, d’avoir « du sang sur les mains ». Que les gĂ©ants de la tech portent des responsabilitĂ©s est indiscutable, mais il a aussi fallu 15 ans Ă  ces Ă©lus avant de commencer Ă  s’emparer des problĂšmes y relatifs et beaucoup ont Ă©tĂ© jusqu’ici plus prompts Ă  crier Ă  la censure et Ă  la chasse aux sorciĂšres lorsque les rĂ©seaux sociaux tentaient de limiter les appels Ă  la haine raciale des supporters de leurs champions. Face Ă  l’IA, de mĂȘmes questions sont Ă  l’ordre du jour et il faut espĂ©rer que les solutions viendront plus vite et seront suivies d’actes concrets.

â–ș No Power
 – Nous l’avons souvent rapportĂ© dans nos billets, sans Ă©nergie, pas de cyber. VoilĂ  un sujet qui a miraculeusement disparu des discussions, la faute Ă  des hivers qui jusqu’ici dĂ©mentent les pronostiques du Conseiller fĂ©dĂ©ral Parmelin en 2022. Avait-il tort? Probablement pas et le problĂšme est loin d’ĂȘtre rĂ©glĂ©, car en admettant que l’initiative « stop au blackout »  soit approuvĂ©e par le peuple, des effets tangibles ne seront mesurables que dans de nombreuses annĂ©es et certainement trop tard. Dans l’intervalle la consommation Ă©lectrique augmente et trois Ă©lĂ©ments sont Ă  considĂ©rer: ïŹ la forte domination chinoise sur les terres rares et de nombreux autres mĂ©taux stratĂ©giques, ces Ă©lĂ©ments indispensables Ă  la production de la quasi-totalitĂ© des biens high tech utilisĂ©s dans la production Ă©lectrique ; ïŹ les risques croissants que la Chine prenne  le contrĂŽle de Taiwan par la force et que cela entraĂźne une rupture dans la production de semi-conducteurs au cƓur de notre vie et de la rĂ©gulation Ă©nergĂ©tique ; ïŹ la disparition imminente de la production europĂ©enne de panneaux solaires sous les coups de boutoir d’une industrie chinoise dopĂ©e aux subventions Ă©tatiques. Que restera-t-il d’une illusion de souverainetĂ© en Europe? 


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Digital Literacy Gap

Digital Literacy Gap 1500 1240 digiVolution

Chers Lectrices et Lecteurs

Voici les dV-News 03-2024 et leur sĂ©lection d’articles et liens.

Chaque annĂ©e, le Bulletin of the Atomic Scientists Ă©value le temps sĂ©parant l’humanitĂ© de la catastrophe ultime. L’organisation, a Ă©tĂ© fondĂ©e par Albert Einstein et d’anciens du projet Manhattan en 1945 aprĂšs les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki. Elle est la gardienne de l’horloge symbolique de la fin du monde, la Doomsday Clock, dont l’heure est annoncĂ©e chaque mois de janvier depuis 1947. En 2023, le Bulletin indiquait 90 seconde avant minuit, le dĂ©lai le plus court jamais atteint. Il est inchangĂ© en 2024.

Pour digiVolution, cette «horloge» qui considÚre dans son calcul les risques nucléaires, le changement climatique, les menaces biologiques et les technologies disruptives est particuliÚrement pertinente dans son approche systémique. Lecture recommandée!

Le fossé de la littératie numérique

Le titre de ce billet est on ne peut plus clair. Un fossĂ© se creuse. Les deux lettres, I (intelligence) et A (artificielle) sont la tendance du moment. Ne pas en parler au bureau, Ă  Davos, au bistrot ou encore en famille est un critĂšre d’exclusion sociale. «Quoi tu ne sais pas ce qu’est ChatGPT?» qualifierait le pauvre ignare aux gĂ©monies perpĂ©tuelles ! Et pourtant, qui comprend vraiment ce que sont ces technologies qui rythment et accompagnent chaque minute de notre existence, d’oĂč elles proviennent, ce qu’elles font ou ne font pas, quelles sont nos responsabilitĂ©s et droits individuels? Une infime minoritĂ©. Beaucoup se vantent et parlent fort, mais dans les faits l’ignorance quant au fait numĂ©rique domine. Quel sera le thĂšme des salons en 2025?

Pourquoi la numĂ©risation n’est-elle pas considĂ©rĂ©e comme une compĂ©tence clĂ©, au mĂȘme titre que lire, Ă©crire ou calculer?  Pourquoi faut-il un permis de conduire pour une mobylette qui fait Ă  peine du 40 km/h et pas pour l’usage d’appareils qui donnent l’accĂšs Ă  nos donnĂ©es les plus intimes et Ă  notre compte en banque? Pourquoi exige-t-on de chaque chef(fe) d’entreprise qu’il/elle maĂźtrise les fondamentaux de la gestion financiĂšre et du personnel et pas de sa numĂ©risation alors qu’une cyberpanne peut entraĂźner la faillite? Pourquoi n’y a-t-il pas d’équivalent numĂ©rique Ă  l’obligation de porter un casque Ă  moto ou la ceinture de sĂ©curitĂ© en voiture? En Suisse, ce n’est que depuis 2023 que la nĂ©gligence dans le traitement des donnĂ©es a commencĂ© timidement Ă  entraĂźner des suites pĂ©nales dans certains domaines et que l’usurpation d’identitĂ© est enfin considĂ©rĂ©e comme un dĂ©lit?

Être aujourd’hui chef, parent, ou simple citoyen dans une sociĂ©tĂ© en mutation numĂ©rique devrait entraĂźner de nouvelles exigences en termes de compĂ©tences. Pourtant il n’en est rien et l’écrasante majoritĂ© des Suisses ne sont que des consommateurs non Ă©clairĂ©s que les fournisseurs de services et de matĂ©riels (souvent aussi des vendeurs dont les compĂ©tences sont limitĂ©es) assomment avec une avalanche de conditions gĂ©nĂ©rales et techniques que trĂšs peu de personnes lisent et encore moins comprennent. Et ces dispositions exigeant le consentement pour utiliser nos donnĂ©es, qui protĂšgent-elles vraiment et de quoi? Et ce n’est lĂ  qu’en extrait des questions auxquelles nous devrions rĂ©pondre. Car sur quoi fondons-nous finalement la confiance, la rĂ©silience et la souverainetĂ© de chaque entitĂ©, de l’individu Ă  l’Etat en passant par les entreprises?

Le modĂšle sociĂ©tal dans lequel nous avons grandi et prospĂ©rĂ© n’est-il pas largement dĂ©passĂ© par des inventions technologiques que nous ne maĂźtrisons pas (assez) et les intĂ©rĂȘts d’une poignĂ©e d’entreprises? Le risque sociĂ©tal est-il considĂ©rĂ© Ă  sa juste valeur?

Pour digiVolution, cette rĂ©alitĂ© exige un effort consĂ©quent d’éducation de la population. Il ne s’agit pas de se contenter de distribuer des tablettes dans les Ă©coles et de faire Ă©crire aux enfants quelques lignes de code (ChatGPT le fait
). Une littĂ©ratie numĂ©rique doit ĂȘtre atteinte et continĂ»ment dĂ©veloppĂ©e, Ă  tous les Ă©tages de responsabilitĂ© et Ă  tous les Ăąges. Complexe, exigeant? Oui. Mais impĂ©ratif, car ceux qui ont compris et utilisent le potentiel de l’IA creusent toujours plus l’écart.

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News significatives de la quinzaine

â–ș La nLPD reçoit son sĂ©same d’équivalence – Le suspens est terminĂ©. L’UE indique dans son rapport du 15 janvier 2024 que le droit suisse en matiĂšre de protection des donnĂ©es rĂ©pond aux standards europĂ©ens. Les donnĂ©es personnelles pourront donc continuer Ă  circuler de l’UE et de l’EEE vers la Suisse sans garantie supplĂ©mentaire. Le 26 janvier s’est toutefois tenue Ă  l’universitĂ© de Lausanne une confĂ©rence sur le thĂšme «Protection des donnĂ©es et vulnĂ©rabilité», oĂč un collaborateur du PrĂ©posĂ© fĂ©dĂ©ral Ă  la protection des donnĂ©es et Ă  la transparence a prononcĂ© la phrase suivante rapportĂ©e par Le Temps:

La Suisse a progressĂ© avec la nLPD, mais ne nous mĂ©prenons pas, car une loi ne protĂšge rien ; elle fixe le cadre et n’est qu’une Ă©tape.

A chacun donc de faire sa part dans un environnement rĂ©solument complexe Ă  l’exemple de Microsoft qui dĂ©clare dĂ©sormais – et c’est trĂšs bien – stocker les donnĂ©es uniquement sur territoire europĂ©en pendant que des reproches lui sont adressĂ©s en raison des 772 partenaires avec lesquels la firme partage des donnĂ©es utilisateurs. L’énoncĂ© du collaborateur du PFPDT est d’autant plus comprĂ©hensible que trĂšs prochainement viendront se greffer encore dans l’écosystĂšme les directives relatives Ă  l’IA en cours de finalisation.

â–ș Moyens helvĂ©tiques de cybersĂ©curitĂ© – La publication de l’agenda politique de la lĂ©gislature 2023 Ă  2027du Conseil fĂ©dĂ©ral permet de lever un coin de voile sur les moyens mis en Ɠuvre en matiĂšre de cybersĂ©curitĂ© par la ConfĂ©dĂ©ration (budget,  pages 315 et 337). Ce que nous avions dĂ©jĂ  rapportĂ© est vĂ©rifiĂ©: le NCSC est bien devenu un office fĂ©dĂ©ral, mais avec un budget en 2025 de 14.5 millions CHF (dont 11.7 pour le personnel), puis de 14.8 millions CHF pour les annĂ©es suivantes, il ne faut pas attendre de miracles. Toutes les statistiques indiquent un doublement des dĂ©gĂąts dus Ă  la cybercriminalitĂ© d’ici 2028, une explosion des cas grĂące Ă  l’IA, une aggravation de la situation gĂ©opolitique, mais Ă  Berne
 c’est «courant normal» alors qu’il faudrait doter l’OFCS de moyens consĂ©quents.  S’agissant du commandement cyber de l’armĂ©e et des capacitĂ©s du SEPOS au profit de l’administration fĂ©dĂ©rale, il faudra d’abord mesurer les effets rĂ©els de ce qui a Ă©té  annoncĂ© Ă  fin novembre 2023.

â–ș Quid de la rĂ©silience d’une sociĂ©tĂ© sans Internet? – Les avis divergent quant Ă  la rĂ©sistance d’Internet, mais l’éventualitĂ© d’un dĂ©faut majeur (par exemple en raison d’une tempĂȘte solaire) ne peut en aucun cas ĂȘtre Ă©cartĂ©. Une faible probabilitĂ© d’occurrence ne saurait servir d’argument pour Ă©carter ce cas de figure.  Qui resterait-il de fonctionnel de notre sociĂ©tĂ© hyperconnectĂ©e sans Internet ? «OFF», le livre de Solange Ghernaouti, a brillamment montrĂ© ce qu’il adviendrait et trois Ă©lĂ©ments rĂ©cents aideront Ă  rĂ©flĂ©chir: au Pakistan, des interruptions bien pratiques d’Internet semblent ĂȘtre intervenues durant le processus Ă©lectoral ; car l’Internet dĂ©pend Ă©troitement de la volontĂ© politique. Depuis l’enclave de Kaliningrad, la Russie brouille les signaux GPS, [carte] une action qui montre combien cette infrastructure spatiale est fragile alors qu’elle est cruciale pour desservir des rĂ©gions Ă©loignĂ©es. Et deux rappels en image : «10 vor 10» et ZDF.

â–ș Minority Report – GĂ©nial pour les uns, terrifiant pour les autres
 l’IA a Ă©tĂ© mise Ă  profit pour faire des prĂ©dictions gĂ©nĂ©rales sur les dĂ©tails et le cours de la vie des personnes, telles que des prĂ©visions liĂ©es Ă  la mort, aux dĂ©mĂ©nagements internationaux et aux traits de personnalitĂ©. L’Ă©tude a rĂ©vĂ©lĂ© que le nouveau modĂšle Ă©tait prĂ©cis Ă  plus de 78 % pour prĂ©dire la mortalitĂ© dans la population Ă©tudiĂ©e sur une pĂ©riode de quatre ans, et qu’il surpassait considĂ©rablement les autres mĂ©thodes prĂ©dictives. Doit-on s’appesantir sur les multiples cas d’usage de nos donnĂ©es personnelles et de telles prĂ©visions? Un bon moyen pour faire comprendre aux gens la valeur de leurs donnĂ©es. S’ils n’ont pas dĂ©jĂ  tout donné !


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dVCyberGroup is born

dVCyberGroup is born 3936 2494 digiVolution

Voici les dV-News 02-2024 et leur sĂ©lection d’articles et liens et le plaisir d’annoncer une naissance.

digiVolution s’est donnĂ©e pour mission d’observer, de comprendre la mutation numĂ©rique et ses dĂ©fis, principalement sous l’angle de la sĂ©curitĂ©, et de transmettre ce savoir aux dĂ©cideurs. Peu aprĂšs ses dĂ©buts, s’est imposĂ©e la nĂ©cessitĂ© de rĂ©aliser aussi des projets concrets et, finalement, que digiVolution avait besoin pour cela d’un bras opĂ©rationnel sĂ©parĂ©. Ainsi a Ă©tĂ© créé en aoĂ»t 2023 la sociĂ©tĂ© dVCyberGroup SA avec un nom et un slogan qui ne laissent aucun doute sur ses buts et l’idĂ©al qui est poursuivi.

Vous en apprendrez plus sur son site Internet https://dvcybergroup.ch dùs la semaine prochaine. Il fallait ensuite un patron à dVCyberGroup et nous avons le grand plaisir d’annoncer que M. Haris Stucki  en assure la direction depuis le 1er janvier 2024.

Pendant que le digiVolution produira de nouveaux savoirs et de nouvelles idées pour maßtriser les défis de la mutation numérique, dVCyberGroup produira des prestations au niveau stratégique dans les domaines du conseil, du soutien opérationnel et de la formation. Ce tandem de think tank et de do tank aura fort à faire pour fournir aux décideurs de solides bases décisionnelles.

Et quoi de plus difficile lorsque l’on songe aux incertitudes de l’IA? La plus grande enquĂȘte du genre vient en effet de demander Ă  2’778 chercheurs ayant publiĂ© dans des revues d’IA de premier plan leurs prĂ©visions sur le rythme des progrĂšs de l’IA et leur impact.

50 % attendent des progrĂšs trĂšs significatifs d’ici 2028 dĂ©jĂ . Si le rythme se maintien, 10% estiment probable que des machines autonomes surpassent les humains dans toutes les tĂąches possibles d’ici Ă  2027. 50 % d’ici Ă  2047, soit 13 ans plus tĂŽt que la prĂ©cĂ©dente enquĂȘte de 2022. La probabilitĂ© que toutes les professions humaines deviennent entiĂšrement automatisables devrait atteindre 10 % en 2037 et 50 % en 2116. 68,3 % des personnes interrogĂ©es pensent qu’une IA « surhumaine » a plus de chances de produire de bons rĂ©sultats que de mauvais.

Sous un angle plus dystopique, 38 % Ă  51 % des personnes interrogĂ©es estiment Ă  au moins 10 % la probabilitĂ© que l’IA conduise Ă  l’extinction de l’humanitĂ©. Plus de la moitiĂ© ont formulĂ© des inquiĂ©tudes « importantes » ou « extrĂȘmes » dans six scĂ©narii, dont la dĂ©sinformation, le contrĂŽle autoritaire et les inĂ©galitĂ©s.

En bref, le principe de prĂ©caution devra s’imposer dans tous nos progrĂšs liĂ©s Ă  l’IA ces prochaines annĂ©es. En espĂ©rant que tout le monde joue avec les mĂȘmes rĂšgles.

BOOKS & REPORTS

Voici la liste des livres et publications d’intĂ©rĂȘt dĂ©couverts lors de nos recherches durant les deux derniĂšres semaines. La rubrique dVLibrary sera prochainement Ă  disposition des abonnĂ©s de dVPedia Pro.

News significatives de la quinzaine

â–ș Les Forces aĂ©riennes (FA) suisses indirectement touchĂ©es par une cyberattaque – Les attaques contre Xplain puis contre Concevis en 2023 avaient montrĂ© les consĂ©quences d’une attaque contre la chaĂźne d’approvisionnement. Avec l’attaque du groupe criminel Alphv contre la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine Ultra Intelligence & Communications, ce sont cette fois nos FA qui sont touchĂ©es et il faudra attendre les rĂ©sultats d’analyse pour mesurer la rĂ©elle gravitĂ© de la situation. La question sur toutes les lĂšvres c’est « comment sĂ©curiser durablement des informations le long de toute une chaĂźne d’approvisionnement par nature hĂ©tĂ©rogĂšne? ». Et la question que personne ne veut poser c’est « et comment corriger le passĂ©? », car ces exemples ne sont que la pointe d’un immense iceberg. Alors sommes-nous condamnĂ©s Ă  subir un cas aprĂšs l’autre? Les autoritĂ©s amĂ©ricaines avaient annoncĂ© avoir neutralisĂ© ce groupe criminel
 et il est revenu quelques jour plus tard en jurant vouloir dĂ©sormais tirer sur tout ce qui bouge, hĂŽpitaux compris. Bonne annĂ©e !

â–ș Global Risks Report et Global Cybersecurity Outlook 2023 du WEF – Les amateurs de vin attendent le Beaujolais nouveau. Chaque annĂ©e en janvier, les experts en sĂ©curitĂ© attendent le dernier Global Risks Perception Survey (GRPS). Nous en avons extrait une phrase qui dit tout:  « Le dĂ©veloppement et le dĂ©ploiement rapides de nouvelles technologies, souvent accompagnĂ©s uniquement de protocoles limitĂ©s pour rĂ©gir leur utilisation, posent leur propre risques. L’imbrication croissante des technologies dans le fonctionnement essentiel des sociĂ©tĂ©s expose les populations Ă  des menaces intĂ©rieures directes, y compris celles qui cherchent Ă  briser le fonctionnement de la sociĂ©tĂ©. ParallĂšlement Ă  l’augmentation de la cybercriminalitĂ©, les tentatives visant Ă  perturber les ressources et les services critiques basĂ©s sur les technologies deviendront plus courantes, avec des attaques anticipĂ©es contre l’agriculture et l’eau, les systĂšmes financiers, la sĂ©curitĂ© publique, les transports, l’Ă©nergie et les infrastructures de communication nationales, spatiales et sous-marines ».

â–ș Sous l’angle spĂ©cifique de la cybersĂ©curitĂ©, le Global Cybersecurity Outlook 2023 du WEF relĂšve des progrĂšs substantiels par rapport Ă  sa prĂ©cĂ©dente Ă©dition en matiĂšre de collaboration entre les dirigeants des entreprises interrogĂ©es et leur responsables de la cybersĂ©curitĂ©. Il rĂ©vĂšle toutefois qu’un travail colossal reste Ă  faire pour qu’ils se comprennent, pour exprimer clairement le risque que les cyberproblĂšmes reprĂ©sentent pour leur entreprise et pour traduire ce risque en mesures de gestion et de rĂ©duction effectives. Il pointe aussi le manque de temps restant aux organisations pour dĂ©velopper une cyberrĂ©silience systĂ©mique Ă  long terme dans un paysage numĂ©rique qui ne cesse de se complexifier. Il insiste sur la prioritĂ© qui doit ĂȘtre donnĂ©e Ă  l’anticipation plutĂŽt qu’à la rĂ©action et Ă  l’approche stratĂ©gique plutĂŽt qu’à la dĂ©fense tactique. Exactement les messages que nous martelons chez digiVolution. Les PME suisses (95% de nos entreprises) sont-elles plus ou moins vertueuses que celles qui ont rĂ©pondu aux auteurs de ce rapport?

Global Cybersecurity Outlook 2023 – Chapter 1

â–ș Les grandes oreilles helvĂ©tiques? – L’article de Republik (premier d’une salve de trois) dĂ©nonce un Etat fouineur qui n’aurait tenu aucune de ses promesses de ne pas s’adonner Ă  la surveillance de masse avec la loi sur le renseignement adoptĂ©e en 2015. Le procĂšs d’intention fait aux hommes et aux femmes qui, au quotidien, tentent de prĂ©venir les actes criminels et terroristes dirigĂ©s contre la Suisse – et aussi de l’intĂ©rieur de celle-ci – est pĂ©nible Ă  entendre. Il en va de mĂȘme pour la rhĂ©torique de cet article et de ceux qui lui ont unilatĂ©ralement emboĂźtĂ© le pas et qui ne cessent de parler de « services secrets », suggĂ©rant par lĂ  leur cĂŽtĂ© soi-disant malsain. Et que dire de l’accusation Ă  peine voilĂ©e que nos services violeraient allĂ©grement les dĂ©lais d’effacement des donnĂ©es fixĂ©s dans l’ordonnance en vigueur depuis 2017 et qui s’attaque ainsi Ă©galement injustement au personnel de l’AutoritĂ© de surveillance indĂ©pendante et indirectement au Parlement. Un peu d’objectivitĂ© et de respect svp!

â–ș Elections Ă  Taiwan – MalgrĂ© le feu roulant de dĂ©sinformation les visant,  les TaĂŻwanais n’ont pas cĂ©dĂ© sous la pression persistante de la Chine et Ă©lu ce week-end un prĂ©sident dĂ©favorable aux exigences chinoises. Tout s’est jusqu’ici passĂ© apparemment sans heurts majeurs. Les TaĂŻwanais ont-ils Ă©tĂ© plus rĂ©silients qu’anticipĂ©? Et ensuite? Les analyses qui suivront fourniront d’utiles piste de rĂ©flexions aux EuropĂ©ens et aux AmĂ©ricains pour maĂźtriser leur propre annĂ©e Ă©lectorale. D’autant plus important pour les USA dont la dĂ©mocratie a Ă©tĂ© fortement abĂźmĂ©e le 6 janvier 2021. Une longue annĂ©e en perspective oĂč la fondation DISARM pourrait apporter un dĂ©but de solution en matiĂšre de lutte contre la dĂ©sinformation.

â–ș ResponsabilitĂ© des rĂ©seaux sociaux – Il y a quelques mois, nous relevions combien le comportement de certains providers Ă©tait problĂ©matique. Il y a eu l’ingĂ©rence de Starlink dans la guerre en Ukraine, celle de Facebook dans les incendies de forĂȘt au Canada et les multiples revirements de M. Altman de OpenAI. Un nouveau cas concerne X. Dans le cadre du sĂ©isme au Japon, les autoritĂ©s n’ont pas pu transmettre l’alerte car elles avaient dĂ©passĂ© la quantitĂ© de messages gratuits autorisĂ©s. Les services japonais n’étaient pas enregistrĂ©s en tant que service public ! Combien de personnes ont Ă©tĂ© mises en danger pour une sombre affaire d’abonnement? Force est de constater que la dĂ©pendance de la sociĂ©tĂ© face Ă  des services qui ne cessent de changer leurs rĂšgles et ne se soucient aucunement de leur responsabilitĂ© sociale est incompatible avec la sĂ©curitĂ© publique. Conseil Ă  tous les dĂ©cideurs: avant de confier votre destin et le nĂŽtre Ă  quelqu’un assurez-vous qu’en cas de coup dur vous ne perdiez pas votre souverainetĂ© sur vos fonctions vitales.

Anticipons sur une tradition chez digiVolution, la communication de l’horloge de l’apocalypse / la Doomsday Clock. Ce sera le 23 janvier et vous pourrez le suivre en direct avec ce lien.


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Nous vous souhaitons une enrichissante découverte des articles et liens sélectionnés et vous retrouverons dans 15 jours.

 

 

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